La force de l’expressionnisme pur, est suspendu un instant, le temps d’un confinement. L’esprit et le regard du peintre, qui s’adoucit. Aline Eichner : la peinture sa raison de vivre !

Une rencontre d’art

De la seconde à la terminale, nos cours d’Arts Plastiques étaient des moments inoubliables, avec un professeur aussi fou que génial. Véritable expert de l’art, il s’envolait dans ses délires mais nous a appris à nous exprimer aussi bien artistiquement que sémiologiquement.

Sagrario tel était son nom, un visionnaire : il nous avait prédit une carrière artistique pour toi et la communication pour moi !  Je ne sais pas si ce dernier point était un compliment de sa part ! Aux résultats du bac, nous attendions ensemble, pour aller s’inscrire à Duperré (Arts Appliqués) pour toi, et pour moi La Sorbonne (Arts et Lettres), et nos routes se sont éloignées. Le temps a fait son chemin, des retrouvailles, rien n’avait changé, sauf une chose : tes toiles ! Mon fils petit m’a dit, après être venu voir une de tes expositions sur la mer : « certaines peintures me font peur ».

Expressionnisme pur ! Lorsque je décrivais tes peintures, je citais Bacon, Le cri de Munch et parlais d’une blessure que la peinture libère. Voilà pourquoi j’ai préféré avoir de toi des toiles de fonds sous-marins qui rassuraient.

Un nouvel univers

Le confinement est arrivé, et tes toiles ont ouvert un nouvel univers, dont les modèles sont Iris et Lilas, tes amours :

Aline Eichner : la peinture sa raison de vivre

 

 

« L’eau est apparue dans mes peintures peu avant la naissance de ma fille Iris, il y a 11 ans.

Mon nouveau thème est plus doux, car ce sont mes filles Iris (11 ans) et Lilas (8 ans) qui posent occasionnellement pour moi, ce sont mes modèles.

 

Ce travail met toujours en scène les corps mais aussi leurs doux visages, qui sont venus remettre en question cet expressionnisme dur. Je me suis rendue compte que je dessinais ou peignais peu mes enfants. A contrario, je prends beaucoup de photos, comme pour me souvenir de chaque moment heureux.

Alors l’idée d’un nouveau thème, d’une nouvelle série s’est imposée à moi. Ce travail mêle peinture et dessin, comme des palimpsestes, les visages et les attitudes se superposent et se répondent. Un travail plus apaisé peut être, si tant est qu’un artiste puisse être un jour apaisé. »

Le corps comme matière picturale

« Mon thème de prédilection a toujours été le corps. »

« J’ai d’abord travaillé d’après modèles vivants, m’inspirant de la vie quotidienne pour leur trouver un cadre : La salle de bain, par exemple.Les thèmes s’enchainent et découlent les uns des autres, âpres la salle de bain sont venus les nageurs et l’eau, la piscine est apparue avec la promiscuité des corps puis les plages et les fonds marins.

D’autres thèmes sont apparus suivant mes envies du moment, toujours autour des corps : les Anges, les Tètes, le monde flottant, la légèreté de l’être, les diffractions, les enfants, les acrobates, les magasins, les corps,  les parades, les siamoises, les nageurs et la piscine, la plage, les fonds marins, les cages.

Je déforme et recompose les corps, comme pour faire accepter un corps différent, comme pour chercher une place, ma place peut-être. Mon travail expressionniste est relié avec mes origines paternelles allemandes. »

Les galeries

« Les lieux les plus porteurs pour moi sont bien sûr les galeries, et c’est ce que je recherche actuellement : une galerie prête à défendre mon travail. Parce que le travail du galériste ne s’arrête pas à la porte de la galerie, mais il dispose d’un réseau d’acheteurs et de collectionneurs, et d’un sens du commerce dont peu d’artistes disposent.

Je suis très fière d’être représentée par une galerie à Toulon : La galerie Castillon, rue Paul Lendrin…

J’ai exposé par le passé dans la reconnue galerie de Déborah Zaffamn, à paris dans le 3emearrondissement, dans la galerie Carte blanche à Royan et Une galerie au Touquet, qui m’a consacré une exposition personnelle d’une cinquantaine de toiles, et qui a vendu pas mal de mes toiles.

Les salons

Les salons sont aussi des lieux d’expositions et de reconnaissance.

« Je vais participer, au Salon ART CITE du jeudi 17 septembre au samedi 17 octobre à Fontenay, qui regroupe un collectif d’une centaine d’artistes sous l’égide de Grégor Podorowsky.

J’ai exposé au Salon de Mai, très coté à l’époque (disparut aujourd’hui, il s’est tenu d’avril 1943 à mai 2014).

Le salon Comparaison, ou j’ai exposé cinq fois, a été très porteur pour moi. C’est un salon très élitiste ou l’on doit être coopté, avec un choix d’artistes assez exceptionnels. Il m’a permis d’être vue et reconnu par mes pairs.

Et quel bonheur que d’exposer dans ce lieu mythique qu’est le Grand Palais !

Aline Eichner l’artiste

Artiste peintre, photographe, créatrice de bijoux, tout en toi est création. Ton passé, a contribué à créer ton style, ton art. « La peinture est devenue ma raison de vivre ».

« J’apprécie la vie, ma vie. Je profite de la vie et l’enseigne à mes enfants, cela s’apprend, apprendre à profiter de chaque instant, à vivre chaque instant. Mais cela a été un apprentissage. Je collectionne beaucoup, comme pour m’entourer de ce que j’aime et me construire un monde, comme en peinture ou je suis si libre de créer mon monde.

Et pourtant, moi qui ai tant de mal à faire des choix, en peinture je suis sans cesse confrontée à la nécessité de faire des choix, de thème de couleur, chaque geste s’avère être un choix. »

« Ce sont les objets qui nous choisissent et non l’inverse ».

Merci Aline

Film à voir, montage @anjaparis : https://urlz.fr/cO4S