Gentillesse est le premier mot qui me vient au sujet de Stéphane. Suivi de très près par Artiste ou plutôt homme-orchestre ! Passionné d’arts, de relations humaines, il aime la vie : la lecture le cinéma, les femmes, la cuisine… Stéphane Mir : le coeur en scène

 

Plantons le décor

Artiste complet, Stéphane dessine, imagine, conçoit, construit, des mises en scène, des décors pour le plus grand plaisir des spectateurs.  Artisan du spectacle vivant, avec ce savoir-faire de l’apprentissage et l’expérience du métier. Tout art est appris, étudié : de la lumière, du son, des décors, de la machinerie, des artifices, et du jeu d’acteur.

« Créer, fabriquer, avec son cerveau, ses mains, et son cœur ».

 

Parlons décor tout d’abord !

Stéphane Mir« En 2003, j’ai travaillé avec une décoratrice Italo Belge sur le décor du mariage du Prince Alexandre du Liechtenstein et de Astrid Kohl, dans la Residenzgalerie de Salzburg. Dans un premier temps nous avons vidé une partie du musée, puis nous avons réalisé une forêt enchantée en hiver en trois jours. C’était absolument incroyable. J’étais de permanence pendant la soirée ; Quand les prestigieux invités sont arrivés, une clameur d’admiration a retenti à l’ouverture des portes. C’était absolument féérique.

En 1991, j’ai construit l’intérieur d’un vaisseau spatial dans la Nef d’une église Marseillaise. Olivier Tisseyre, le créateur lumière du théâtre national La Criée à Marseille est venu avec un camion de projecteurs empruntés au théâtre faire une création lumière incroyable, sur une musique live tecno de la première heure de Ian Harris. »

 

Et des moments inoubliables :

« En 2002, j’ai construit des tréteaux, comme ceux que l’on voit dans des gravures de Jacques Callot, grâce à la mairie du 6ème arrondissement et La Foire Saint Germain, nous les avons installés face au théâtre de l’Odéon pour y représenter l’un de nos spectacles « Le bonheur est sur la place ». Le parvis du Théâtre de l’Odéon s’est rempli en quelques minutes, et nous avons vu les fenêtres du théâtre de l’Odéon s’ouvrir et le personnel du théâtre se pencher aux balcons pour nous applaudir. Pour toute la troupe « La Strada dell’arte », ce moment est inoubliable. Ce moment a été de plus immortalisé par William Klein qui a eu la gentillesse de m’offrir toutes les planches contact de ces photos et en a publié une dans son livre Paris+Klein édité la même année. »

 

Le lieu originel : le théâtre

Lorsque Stéphane parle de ses passions, ces mots nous plongent directement dans l’antre d’un théâtre où nous pouvons l’imaginer écouter, s’enrichir, nourrir sa curiosité. Mais il est de ces artistes complets qui s’épanouissent dans la création totale de leurs œuvres.

« Mon histoire avec le théâtre a commencé il y a bien longtemps dans une troupe de théâtre amateur ou il y avait beaucoup de jolies filles. J’étais à cette période en emploi TUC pour une école d’acteurs, ou mon travail consistait à ouvrir le Théâtre, allumer les lumières et refermer après avoir assisté aux répétitions. Je n’avais à cette époque aucune culture théâtrale. Le metteur en scène m’a un jour demandé si je voulais bien essayer de faire une impro sur scène… C’était parti !!!

J’ai ensuite entrepris des études universitaires de Théâtre et très vite eu la chance de travailler avec des Metteurs en scène et Chorégraphes professionnels. Cet enrichissement et sans doute mon rejet de la théorisation universitaire m’ont poussé à prendre les choses en main, je voulais créer mes propres spectacles…

Assez vite je me suis confronté à l’écriture et à la création totale. Mes études d’architecture aidant je réalisais aussi mes décors. Je crois que déjà enfant je construisais des univers fantastiques pour mes jouets. Cela ne m’a plus quitté. »

 

Le théâtre du Cœur

 Construire son univers, y porter ses valeurs, voilà pourquoi il a créé son propre Festival. Le Festival solidaire des Arènes de Montmartre !

Au-delà de la maitrise de l’œuvre c’est le cœur qui parle : le partage. Offrir aux plus démunis un spectacle, aux artistes : une scène ! Je parlais de sa gentillesse, depuis plus de 6 ans, il œuvre pour rendre visible de nombreux artistes et permettre à tous d’accéder aux œuvres.

« Depuis les années 2000, je jouais régulièrement dans des pièces de théâtre aux arènes de Montmartre sous la direction notamment de Carlo Boso. Dès 2005 j’y présentais mes propres spectacles. En tant qu’habitant du quartier et acteur culturel du 18ème arrondissement de Paris, et spectateur d’une misère grandissante autour des arènes de Montmartre, je voulais agir. Nous artistes, pourrions-nous continuer à pratiquer notre métier en étant indifférent, ou avons-nous le devoir de nous en préoccuper ? La réponse est venue dès 2014, où j’ai réuni de nombreux artistes dans ce lieu emblématique de la commune de Paris et ouvert les portes au plus grand nombre pour semer la graine de la solidarité envers les plus démunis, une majorité d’artistes sans visibilité, et des spectateurs pouvant avoir accès à des spectacles de qualité dans un cadre idyllique au mois de septembre pour un prix d’entrée vraiment accessible. La culture devenant un vecteur de réflexion sur notre présence dans la ville. J’ai donc créé un rendez-vous annuel de liberté et d’enrichissement culturel à partager en toute simplicité. »

 

« Mitakuye oyasin » en langue Lakota – nous sommes tous reliés

 

Passions et challenges

Le métier de comédien est dur. Tant de promesses pour si peu de places. Après avoir joué plus de 100 fois « L’agonie et l’extase de Steve Jobs » à Avignon (Texte de Mike Daisy, traduit par Stéphane) et des apparitions au cinéma, il a arrêté les castings. Ce qui lui a permis de se concentrer sur ses projets, ses challenges.

  • Créer un Festival sans argent, fait !
  • En réaliser un second, fait en 2019 à Jambville (78)
  • Programmer « Une Vie Parisienne » d’Offenbach, Fait !

« L’an dernier nous j’ai pris le pari fou de programmer « Une Vie Parisienne » d’Offenbach, projet porté par Opéra Montmartre et surtout Nick Mac Roberts, pour le festival solidaire des arènes de Montmartre, notre association n’avait pas d’argent, du tout, et nous avons dû rassembler toutes les bonnes volontés autour de nous, pour rassembler tous les moyens nécessaires (Tout en sachant que la pluie pourrait tout nous faire perdre). Ce fut un moment incroyable du festival, le spectacle était merveilleux et les arènes archi complètes. C’est pour tout ça que j’aime mon métier. »

Dernier challenge à réaliser : Monter l’intégrale de William Shakespeare. Hâte de voir cela !!!!

Merci Stéphane !

Florence de Rochefort/Florence Comdigitale _www.comemedias.com

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